La Libre Pensée du Bas-Rhin
Abrogation du Concordat et du statut scolaire d’exception d’Alsace-Moselle.

Categories

Accueil > Actualité de la Laïcité > Lettre ouverte de la Libre Pensée du Bas-Rhin à M. Leyenberger, maire de (...)

Crèche à la Mairie de Saverne

15 décembre 2014

Lettre ouverte de la Libre Pensée du Bas-Rhin à M. Leyenberger, maire de Saverne.

Monsieur le Maire,

Suite à l’arrêt du tribunal administratif de Nantes, interdisant l’installation d’une crèche dans les locaux du Conseil général de Vendée, vous avez décidé d’installer une crèche dans les locaux de la mairie de Saverne, décision que vous justifiez dans un communiqué publié par les Dernières Nouvelles d’Alsace.
Vous vous dites « consterné », parce qu’un tribunal administratif fait appliquer une des lois de la République ?

La loi de 1905 de Séparation des Églises et de l’État stipule : « Article 28. Il est interdit, à l’avenir, d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l’exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions ».

Cette loi établit l’égalité de tous les citoyens : les bâtiments publics sont la propriété de tous et l’exposition de symboles d’une religion est une discrimination envers les citoyens d’une autre confession, agnostiques ou athées, qui peuvent être choqués par ces symboles.

Vous faites référence au « respect des autres religions », mais cette « tradition judéo-chrétienne » que vous revendiquez est surtout faite de persécutions du pouvoir monarchique et de l’Église catholique contre les protestants, les juifs et les athées. Ces persécutions n’ont pris fin que lorsque l’église a perdu tout moyen légal de l’exercer, lors de la Révolution Française.

Vous faites référence « aux racines chrétiennes de notre culture en général » : ces racines correspondent à l’ancien régime monarchique qui ne reconnaissait qu’une religion d’État, la religion catholique. Les racines de la République, ce sont les idéaux des Lumières. La République a établi la liberté de conscience et instauré les communes, administrées par un magistrat élu par les citoyens, qui ont remplacé les paroisses dans la tenue de l’État civil.

Dans un autre département que le Bas-Rhin, terre concordataire, comme le souligne le journaliste des DNA, votre décision serait condamnée, comme l’a été celle du Président du Conseil général de Vendée. Le Concordat n’est pas une loi républicaine : il a été signé par Napoléon Bonaparte qui a rétabli une religion d’État avant de rétablir la monarchie à son profit. La séparation de l’Église et de l’État est une des bases de notre République et nous demandons son extension aux départements qui en sont exclus, ce qui implique l’abrogation du Concordat.

L’Alsace n’était pas dans la république lorsque la loi de 1905 a été adoptée. Nous regrettons que plusieurs occasions de l’y établir aient été manquées par des gouvernements successifs. Nous rejetons l’amalgame qui fait croire qu’abroger le Concordat remettrait en cause le Régime local de Sécurité Sociale, que nous défendons.

Monsieur le Maire, il est choquant qu’un magistrat élu de la République se dise « consterné » par l’application de la loi et s’appuie sur une législation anti républicaine pour contrer cette application. Encore un effort pour faire respecter les lois de la République, Monsieur le Maire, et vous serez vraiment républicain !

PDF - 93.3 ko
L’article paru dans l’édition de Saverne des Dernières nouvelles d’Alsace du 17 décembre 2014