La Libre Pensée du Bas-Rhin
Abrogation du Concordat et du statut scolaire d’exception d’Alsace-Moselle.

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12 février 2015
Esther BAUER

ÉCOLE ET LAÏCITÉ


Dans un contexte de grande émotion, consécutive aux attentats, le gouvernement vient-il de redécouvrir la « laïcité », selon lui, la première des libertés fondamentales ?
Fini le temps de la stigmatisation de la laïcité et de ceux qui la défendent ?
Le gouvernement va-t-il enfin mettre fin aux nombreuses entorses à la laïcité qui sont le fait de tous les gouvernements qui se sont succédé ?
- va-t-il mettre fin à la loi DEBRÉ, et à toutes les lois anti-laïques qui l’ont complétée ?
- va-t-il mettre fin au Concordat et au régime scolaire d’exception d’Alsace-Moselle ?
- va-t-il mettre fin aux différentes entorses à la séparation des églises et de l’État qui voient un préfet assister, es-qualité, à une messe, un premier ministre à la béatification de deux papes ?
- va-t-il mettre fin aux subventions versées aux associations cultuelles ?
Que nenni, le gouvernement proclame « l’attachement aux lois fondamentales de la République et à la laïcité » pour mieux justifier une politique répressive et liberticide.

Depuis quand la Laïcité, définie par la loi de 1905, est-elle le fer de lance de la « Police de la Pensée », depuis quand justifie-t-elle les manquements aux libertés fondamentales ? Car enfin, qu’est-ce que la laïcité ? C’est le principe d’une liberté absolue de croire ou de ne pas croire, l’égalité absolue entre les convictions athées ou agnostiques et les convictions religieuses. La laïcité doit être aussi l’impossibilité pour quelque religion que ce soit d’imposer ses dogmes à la société civile. Les dogmes religieux valent pour les croyants et eux seuls. La religion dans une société laïque est une affaire privée, et le blasphème n’existe pas, sauf malheureusement en Alsace-Moselle. C’est le principe de la liberté et de l’égalité des citoyens devant la Loi. Ces libertés sont garanties par la loi de 1905, une loi de concorde et de paix sociale.

Ce gouvernement, par la voix de sa ministre de l’Éducation Nationale, charge l’école d’une responsabilité écrasante, en mêlant des mesures faussement laïques et des mesures répressives. Les consignes du ministère de l’éducation ont déjà fait des dégâts : des enseignants ont été mis à pied, et menacés de licenciement pour avoir organisé des débats, des élèves ont été signalés et sanctionnés pour n’avoir pas respecté la minute de silence ou avoir apporté dans ces débats des positions contradictoires et très récemment, deux enfants de huit et neuf ans ont été entendus par la police, et leurs parents menacés de poursuites. On le voit bien, cette façon de faire va créer dans les écoles de la République une ambiance explosive en attisant les antagonismes religieux. Et les formateurs à la laïcité auront beau « prêcher » tant que la neutralité de l’école ne sera pas préservée, la quiétude des études ne le sera pas non plus. Il n’y a pas de meilleur moyen pour dénigrer le principe de la laïcité et pour instaurer une ambiance MALSAINE.


Faire porter à l’école tous les problèmes de la société, n’est-ce pas oublier les autres facteurs politiques et sociaux, le chômage et la précarité, la stigmatisation des populations issues de l’immigration, la paupérisation grandissante, la réduction des services publics, les politiques néocolonialistes et autres déclarations de guerre, et pour parler de l’école encore, l’intrusion du patronat dans les politiques éducatives. C’est aussi oublier que l’école, de réforme en réforme, a perdu beaucoup d’heures d’enseignement, que la réduction des moyens a gonflé les classes, empêchant toute pédagogie individualisée, qui permettrait aux jeunes générations d’acquérir les connaissances et les moyens de réflexion nécessaires à leur émancipation.


Si les principes de la République, la liberté, l’égalité, la fraternité et la laïcité, doivent être défendues au jour le jour, il conviendrait peut-être de ne pas mettre en place un système qui institue le délit d’opinion.

Il conviendrait aussi de rétablir la neutralité de l’école et l’ambiance propice aux études au lieu de multiplier sans arrêt des enseignements du fait religieux, de la morale civique…

Il conviendrait que le gouvernement respecte les principes laïques, en supprimant le Concordat d’Alsace-Moselle, et l’enseignement de la religion à l’école dans ces départements.

Il conviendrait de supprimer les avantages accordés à l’enseignement privé. Ce jour-là, le gouvernement aura fait œuvre de laïcité, et œuvré pour le respect de la loi de 1905 et de ses principes.

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